Acheter un billet pour Ushuaia, quitter son job, faire son sac, prendre ses affaires de pêche, et ne pas se poser de questions. Telle est la recette pour partir s’immerger dans un des bouts du monde. Bienvenue en Patagonie Argentine, seul, pour 3 mois.
Le voyage commence par le rêve, par les photos, les récits des locaux que l’on trouve en arrivant sur place.
Et puis y être, se retrouver seul au milieu de la steppe désertique, aride, balayée par les vents de 45 nœuds, traversé par le Menendez, le Grande, ou le Gallegos, en waders et canne de 9#8 en main, même avec 150 mètres de backing bien ranger dans le moulin, cela provoque des frissons.
Voir, décrocher, puis prendre et relâcher ces truites couleur platine restera graver.
Avec un sac dos de 22kg et mes deux jambes, aller à la pêche fut compliquer, les distances dans cette partie du monde n’ont pas la même échelle qu’en Europe. Un vent tonitruant vous fait abandonner l’idée de marcher et dormir sous tente pour accéder a une rivière après quelques arceaux de tente cassés.
La solitude pesant aussi, j’ai ressenti le besoin de me poser et de connaitre la vie des fameuses Estancia, durant 3 semaines je suis parti travailler dans les champs ou avec les moutons, a manger du guanaco, du nandou. Se doucher un fois par semaine a l’eau chauffé sur le feu de bois dehors, se coucher par faute d’électricité. Ecouter les histoires de Pumas conter par les Gauchos. Bref un autre monde, situé au milieu de rien. Là-bas, le ciel s’observe non pas en regardant vers le haut mais en plaçant son regard au loin.
En remontant progressivement vers le nord, aux détours de quelques treks, les glaciers Patagons s’offrent à nous. Le Hielo Continental, ou continent de glace, 350km de long, lieu de naissance des glaciers de la région, s’étale devant nos yeux comme un nouveau désert, de glace cette fois ci.
Dans cette région les truites ne manques pas, les envahisseurs Saumons du pacifique non plus.
Sur chaque nouvelle rivière, il faut réapprendre, et savoir observer pour choisir la bonne technique.
Les grosses branches au fond de l’eau ne sont pas toutes en bois, certaines ont des nageoires !
Le voyage se finira dans le secteur Bariloche-Junin de Los Andes avec la location d’une voiture et pêche intensive. 3jours après, le pillage de celle-ci par des malandrins alors que je pêchais le Rio Correntoso.
Du sac de 22kg, il ne me reste que ce que j’ai sur moi.
Un détour non prévu par Buenos Aires pour refaire un passeport, et un retour en France où l’assurance me dit qu’elle ne couvre rien.
Terre de brigands comme disent les gauchos, mais aussi synonyme d’immensité et d’humilité, la Patagonie marque un Homme.