Nous sommes le samedi 22 juin, le temps est maussade comme les 7 derniers mois que nous avons connu, Emilie et moi trainons à la maison, grasse matinée, petit déjeuner, télé… L'heure tourne, arrive bientôt midi et nous trainons toujours une enclume en guise de conviction. Un peu plus tard, on range un peu la maison et peut être aussi la grisaille dans nos têtes. Des éclaircies apparaissent : « on se balade à Cordes-sur-Ciel et après je t'amène sur une rivière du Segala Aveyronnais ? » Vendu. Cordes-sur-Ciel est sous le soleil, les vieilles pierres de la citadelle chauffe doucement sous ce ciel, les motards remplissent les terrasses, les boutiques donnent envie, et les étrangers sont en visite. Nous profitons mais il est déjà 18h, il est temps de partir. J'avais en tête le Ceor mais vu l'heure direction le Giffou. Arrivés sur place, l'envie n'y est pas pour Emilie et moi-même car nous avons la crève, si si cette année en juin, c'est possible. Nous nous changeons donc en planant à 5000. Nous rentrons doucement à la rivière qui est à cet endroit un grand lisse régulier, au courant lent et l'eau au niveau de la taille. Le temps est à la pêche mais pour l'instant, c'est calme. On avance doucement puis nous voyons une ephemera danica puis une autre, puis enfin un gobage, mais plutôt calme. Elle gobe près d'un tronc d'arbre de petits sedges noirs, je tente avec un cul de canard sombre, pendu. C'est petit mais bon, c'est mignon. On remonte près d'un joli courant crée par le vannage d'un moulin aux volets fermés. Là , c'est la fête et les truites sont, comme on me l'avait dit sur le plateau des Millevaches, sur ces grosses mouches. Je noue une de ces mouches de Mai fait avec l'ami J2M31 et je lègue mon cure dent à mon élève. Les gestes ne sont pas encore parfaits, il y a là quelques accrochages, quelques petits noeuds mais l'ssentiel de la leçon est retenue. La mouche tombe presque précisément et les quatre temps du lancer sont presque respectés. Premier gobage : loupé ! Son ambition n'est pas de me laisser la canne mais de confirmer qu'elle est première de ma classe. Je lui parle de contrôle de la ligne, leçon comprise en cinq cinq : gobage, ferrage, poisson pris. Puis, s'ensuit une deuxième truite pour confirmer, bravo. Pour elle, ses premières truites de l'année et surtout le sentiment de les avoir faites toute seule comme une grande. Je lui dis que ce moment est important car il est très rare de faire du poisson avec de si grosses mouches et que pour moi aussi, c'est une première. La soirée continue avec comme rencontre un poney, une chouette et encore quelques truites. Nous rentrons avant de nous faire happer par la nuit noire et prenons comme chemin de retour celui du moulin inhabité. Et, passons par un grand portail avec la sensation de vivre une scène du « Château de ma Mère », marrant ! Une fois dans la voiture, elle veut tout savoir de la pêche et des rivières. Je ne sais pas encore si une passion est née mais, un émerveillement, c'est sûr.