Vous connaissez la théorie du « truc qui fout les glandes? » non, bon… Si on considère un poisson P , d'une taille dépassant les 700mm, et un pêcheur D' de 1750mm. P et D' sont reliés par une droite. Considérant que P est en mouvement représenté par le vecteur PR ( Rétant le point d'arrivée soit une racine). Y'en a qui suivent encore au fond de la classe? Soit D'exerçant également une force vectorielleD'P, que le plus dur était fait, quand la casse, sur la ligne PD', est due à un défaut de noeud, pour le pêcheur D' (je vous le donne Emile), c'est la déprime! C'a y est vous pigez le truc! Pour autant il en faut plus pour décourager le pèlerin et ne pas terminer sa partie de pêche sur cet échec. Mais ça, je vous le conterai dans un autre article. Donc, jusqu'à là on imagine la chute de cette histoire, mais pour autant vous ne voyez pas le lien avec ce titre évocateur… En faite cette rencontre fait suite, à quelques prospections hivernales qui m'avaient permis de trouver ce spot, ma foi, assez prometteur. La veille parcourant assez vite le secteur pour en estimer le potentiel, j'avais tout de même mis une 50+ à l'épuisette, cassé une 45 et vu un certains nombre (pour ne pas dire un nombre certains) de poissons de taille plus qu'aguicheuse. Ce qui était plus qu'encourageant pour une fin mars! Les poissons étaient sur les bordures. Le mode « sioux » était vraiment de mise. Je m'approche de la queue d'un grand plat, là où le courant s'accélère. Une veine d'eau peu profonde, mais un peu plus rapide, venait lécher la berge que j'arpentais. La veille, j'avais pu y observer deux 40+. Donc c'est avec grande précaution que j'aborde ce poste. Je retrouve une des deux truites de la veille 5-6 mètres plus haut le long d'une branche immergée, où il y a un peu plus de profondeur. Un gros arbre penché vers la rivière me cache une partie de la veine d'eau. n'ayant pas encore vu la seconde, je continue très lentement et méticuleusement mes déplacements, tout en scrutant chaque centimètres carré de rivières qui se révèlent progressivement à mes yeux. Là ! Un triangle orangé qui ondule lentement dans le courant! La queue d'une truite! Et c'est du solide. Elle est juste à mon niveau, mais cachée par le tronc. Rapidement je décide de ne prendre aucun risque et reste immobile attendant que la belle se déplace un peu afin de pouvoir me positionner en évitant quelconques soupçons. Mais la belle n'est pas très pressée. Elle se déplace que très lentement. Je ne la vois toujours pas entièrement mais l'adipeuse laisse présager de sa taille. Tranquillement s'installe le jeu enfantin mais néanmoins usant de « un, deux, trois, soleil ». Je suis fort à ce jeu là ! Alors que j'atteins presque l'arbre qui me servira de cachette et perchoir, je peux enfin la contempler de tout son être. Dans une 50aine de centimètres d'eau, elle se déplace très lentement, prend tranquillement quelques nymphes entre-deux-eaux mais elle boulote majoritairement sur le fond; des crustacés ou traîne-bûches, certainement. Je ne m'attendais pas à voir un poisson de ce gabarit sur un poste aussi dégagé que celui-ci. Quelle beauté! ??lancée, avec quelques embonpoints qui trahissent déjà une bonne alimentation. Elle a un corps allongée, sa queue large battant tranquillement la mesure, les nageoires de larges et puissants avirons ambrés, une robe dorée surmontée d'une bande dorsale virant vers le vert, peu de ponctuations, des zébrures cuivrées assez marquées pour une robe claire comme celle-ci, une gueule. Et quelle gueule! Large, déformée trahissant son âge avancé et son alimentation dans les cailloux. Je m'émerveille! Elle est un peu loin pour tenter une présentation correcte. Donc je passe mon tour. De toute façon elle est là depuis déjà plusieurs minutes, il y a peu de chance qu'elle parte vers d'autres eaux. En effet j'aurai largement le temps de l'admirer sous toutes les coutures. Dans ce petit courant, elle fait un mouvement vers l'avant, se met légèrement sur le flan et croque une touffe de mousse accrochée à un galet. Ses ouïes s'écartent, la gueule se déforme, elle entrouvre légèrement la bouche et se met lentement à mâcher sa pitance. Des résidus d'algues, de mousses et autres matériaux s'échappent à travers ses branchies. Quelle spectacle! Quels moments magiques que seuls la pêche à vue peut nous offrir. J'aurais largement eu le temps d'immortaliser ces moments, d'autant que la luminosité ambiante, la clarté de l'eau auraient permis des clichés intéressants. Pourtant je ferais le choix draconien et délibéré de, même si je pense que c'était jouable, ne pas sortir l???appareil photo et éviter tout soupçon de cette grande dame. La truite redescendra quelques mètres en dessous de moi, et remontera tranquillement le courant en s'alimentant. Perché sur mon arbre et immobile, je savourais encore ces instants de contemplation. Pourtant la pression montait. Je savais que le moment propice approchait. Lorsqu'elle m'eut dépassé, j'expulsais le gammare magique (JFD). Les ouïes se sont écartées, la gueule se déforma. Puis de violentes contorsions crevant la surface s'en suivirent. Puis la fin de l'équation vous la connaissez Mais au final, quoi de plus précieux que ces images qui resteront gravées à jamais au fond de mes rétines!