Salut à tous Il y a deux jours que j’ai retouché terre. La sale terre, sale et bitumée, pleine d’engrais et de pesticides ; Ca frappe au premier regard mais on ne s’en rend plus compte : notre air est opaque, notre soleil même avec ces beaux jours semble comme voilé… tout me semble fade depuis mon retour. La mer des Caraïbes, les flats, le sunset, la turtle grass… ces endroits remplissent mon cerveau à longueur de journée mais attristent mon coeur. Alors bien sûr, il y a la pêche. Comme on la rêve, mais plus dure, vaste terrain de jeux où les bones ne sont que des fantômes. Il y les barracudas, les carangues, les snappers, les tarpons que l’on voit rouler au loin, inaccessibles fantasmes ! Les requins nourrices, les raies torpilles, les dauphins, les lamentins, les pélicans, les ibis, les gracieuses frégates. Ll y a ces aiguillettes qui filent à toute vitesse au passage du bateau, elles ricochent sur des dizaines de mètres comme tirées a l’arbalète ! Tout est bleu, d’un putain de bleu, parfois turquoise, parfois sombre et profond. Il y a ces permits qui filent dans la vague, pêcher le tombant derrière le reef et se faire ouvrir l’hameçon en un seul coup de tête. Plonger sur la barrière de corail et voir plus de couleurs animées que dans toute une vie, transformer les heures en minutes tellement c’est le pied ! Il y a tant d’autres choses, tout ce mélange. La vue des dauphins, la turtle grass sous nos pieds. Les chasses qui explosent, ces maudites sand flies, deux nuits sans dormir à s’arracher la peau… la vue des crocos marins qui au petit matin regagnent l’intérieur de la mangrove, dense et mystérieux entrelacs de racines impénétrables. Mon corps est rentré. Mais je suis en ce moment sur un flat de Cangreho Caye, le buff vissé jusqu’aux oreilles pour pas cramer, de l’eau tiède jusqu’aux genoux, les alizés me rafraîchissent un peu, un gros barra est à l’affut sous les palétuviers, à ma droite un poisson coffre broute la turtle grass. Et au loin, j’aperçois la nervous water, et des tailings, comme plantés dans le sable, improbables et furtifs étendards. Derrière moi, Charly joue du jumbé sur le moteur. Dans quelques minutes, je vais encore frémir, me baisser à la rencontre de ce sckool de bones. Peut être le carbone va t-il plier encore et encore, peut être que le backing va fuser. Innarêtable poisson. Incommensurable frisson. Ce soir la marée sera basse, nous irons boire du rhum coco sur l’ile sud en canoé. Sous nos pagaies il y aura du plancton phosphorescent et dans le ciel des dizaines d’étoiles filantes. je suis un junkie de la pêche. Accro aux flats. Good bye paradise. See you..