Un éternel retour

5 mai 2011

64 - Pyrénées-Atlantiques

Nives

axel33

Une partie de pêche sur les Nives, ça faisait un moment que j’en rêvais. J’en avais besoin aussi, plus que jamais. Parisien depuis un an, travaillant dans le monde turbulent de la finance, plus que jamais je ressentais la nécessité de me retrouver au bord d’un cours d’eau sillonnant au creux d’une vallée. Du soleil, du vert, la fraîcheur d’un torrent, on se rend pas compte du bienfait que ça apporte. La pression du management depuis la crise et la chute de Lehman Brothers est hallucinante. Pour les jeunes actifs comme moi, on en prend plein la tronche. On arrive Bisounours et on repart lessivé, cassé et amer. Et encore, moi je suis aidé par ma famille, je ne suis pas à plaindre. J’en vois d’autres qui sont bien plus brisés que moi, à 25 ans… Se retrouver au bord d’une rivière prend alors tout son sens. On oublie tout, on retrouve ce cours d’eau qui lui n’a pas changé, qui est toujours aussi beau et apaisant. Et à ce moment là, « Et au milieu coule une rivière », tout est là. Les Nives étaient superbes en ce début de mois de mai, peut être des niveaux d’eau un peu bas. Quelques risques d’orage mais qu’importe, il y a toujours une rivière magique dans ce paradis de la pêche qui laisse apparaître une eau claire sans boue malgré des pluies diluviennes. Il serait trop long et sûrement très ennuyeux de vous raconter mes quatre jours de pêche. Mon moment le plus fort en fait s’est déroulé l’heure suivant mon arrivée à Baigorry comme un cadeau de bienvenue… Arrivé vers midi, je me suis dit que faire un petit tour avant le déjeuner allait me mettre en appétit. Je descends la rivière en aval du village pour retrouver un de mes coins fétiches. En longeant la rivière, je revois tous ces coins où j’ai pris mes premiers beaux poissons à la mouche. Les souvenirs remontent, l’excitation aussi. Une fois sur le spot, j’observe, j’écoute, je respire la fraîcheur de la rivière : c’est trop bon. Mon premier coup ne donne rien. Pas d’insectes, pas d’activité. Je m’en fous, je suis bien là. Je remonte la rivière. Quelques glissades sur les galets… pas graves, il faut se remettre dans le bain, c’est le cas de le dire ! Mais les gestes reviennent, les pas sont plus sûrs, la précision dans les lancers aussi. Arrive un magnifique plat, assez clair avec un courant plutôt lent et assez facile à aborder, c’est-à-dire un courant assez homogène où la ligne ne devrait pas être perturbée par de fâcheux dragages. Puis, deux ronds en plein milieu, deux poissons en activité. C’est royal !! Je décide de rester en 12/100 mais je troque ma grise à corps jaune contre un CDC en H18. Je m’approche à pas de chat, le dos vouté, je suis à 7/8 mètres du premier poisson. Je perçois nettement ma cible, le poisson se maintient près de la surface. Etant en plein soleil, je pense qu’il s’agit d’un chevesne. Je mets mes polarisantes : non, non, un dos de panthère, c’est une truite et ça a l’air d’être un poisson honorable, en tout cas pour moi. Je tire la soie, trois faux lancers puis je shoote. Le bdl s’étale mais à un mètre du poisson… Ok, c’est pas gagné… Mais stupéfaction, le poisson se décale calmement et va avaler goulument mon imitation. Ferrage en mode hourra, le poisson fend le plat avec ma ligne puis dévale le radier comme une ogive. Elle déclare vire forfait, pas de problème. Le coup de ligne m’a comblé, pas besoin de plus. Le poisson est superbe. Je suis heureux. Photo, graciation. Chipiron plancha chez Peio à Garazi. Qu’est ce que je suis bien là !

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