Ça faisait un bail que je n’avais pas posté de News. Ce n’est pas le nombre de sorties de pêche qui a manqué, mais depuis le début de saison j’ai enregistré une proportion (tendant vers le 100%) de sorties « Guigne » et « manque de talent »… Pas toujours facile la vie de pêcheur. Pour me faire pardonner je vous livre le récit d’une petite partie de pêche qui a bien failli gonfler les statistiques. Samedi matin, les quelques gouttes de pluies clôturant une période de températures quasi-estivales, me décident à aller visiter ma rivière. Ces conditions particulières pourrait bien décider quelques poissons à sortir de leur crises de boudage dont ils avaient fait preuve à mon égard depuis le début de saison. Première prise de contact : la rivière est encore basse (et le restera encore tout le WE). L’eau est encore un peu piquée. Elle n’est pas vêtue de sa plus belle robe. Ce léger trouble n’est pas normal, il dure déjà depuis quelques semaines et laisse penser à un problème de pollution organique, bien assez fréquent ces dernières années sur ce cours d’eau. Cependant la pêche peut néanmoins se révéler intéressante à vue. Je remonte la bordure. Pas de poissons en maraude, c’est peut-être encore un peu trop tôt dans la saison ? Cependant j’en déloge quelques uns de leur poste. Il n’en faut pas moins pour me décider à pêcher au fil un beau courant prometteur. Bien mal m’en a pris, puisqu’au premier passage je dépique une jolie zébrée avoisinant les 35cm. Sans bouger de poste et quelques passages plus tard, c’est un bel étendard qui viendra joliment se rendre ; décroché gentiment, il repartira sans avoir le temps de prendre la température de l’air extérieur. Puis c’est au tour, après une petite animation près d’un rocher prometteur, d’une seconde zébrée de venir goûtter à ma nymphe. Très beau poisson, vaillant et volontaire, sachant très bien tirer à son avantage le courant soutenu qui lèche la rive où je suis. Il finira, avec un dernier soubresaut, par se dépiquer. Je suis rageur, bien que gratifié par un très beau combat, j’aurais bien aimer tirer le portrait de ce poisson se rapprochant des 2 livres, à la robe si singulière de la truite postée dans l’ombre de son caillou : robe de dominante foncée, la partie ventrale grisâtre et cette ligne latérale si contrastée par ces trois bandes noires caractéristiques. Tant pis, c’est la dure loi de la pêche… La suite de la partie ne sera que l’ombre de ces mésaventures : entre poissons ratés, décrochés. Et pour finir en beauté ce sera une casse frustrante d’un autre 45+ après avoir fait le plus dur en déjouant la ruse de dame fario qui souhaitait juste aller se réfugier sous sa racine. Casse d’autant plus frustrante que c’est l’hameçon qui céda… Il y eu tout de même ce coup de ligne ; celui où au moment où l’on bande la canne pour présenter l’imitation, on perçoit la complexité du moment, du lieu. Quelques secondes pour réaliser un stratagème où le poisson une fois piqué n’ira pas inéluctablement briser le filament qui nous reliera. Et puis la nymphe part, comme prévu la gueule béante, la truite s’en saisit. Puis tout va très vite, le scénario se passe comme imaginé quelques secondes plus tôt : quelques contorsions, ce qui me donne un peu d’avance pour m’avancer et sauter à l’eau afin d’effrayer notre coéquipière de jeux qui n’a qu’une idée en tête : c’est de se réfugier sous la racine où je suis posté. Une avance toute à fait limitée puisque miss aura l’occasion tout de même d’aller tester la solidité du fils contre les basses racines. Avec mon arrivée dans l’eau, la belle s’en ira avec fougue longer la rive afin de trouver d’autres obstacles salvateurs. Le plus dur était fait et la suite ne sera que maîtrise de ses rushs en direction d’une branche immergée quelques mètres plus bas. Tirage de portrait rapide, et retour en son élément. Voilà le récit de cette sortie sur la Valouse. L’aprèm’, ma chère et tendre mettra à l’épuisette sa première truite sauvage. Tout compte fait, il était pas si mal ce WE Pêche…