bilan du Rognon

12 septembre 2009

52 - Haute-Marne

Rognon

loops

La fermeture approchant, je décide d’aller embêter une dernière fois mes potes à l’étendard. Il fait un peu frais ce matin et le vent souffle quelque peu. Quel secteur choisir ? Mon ouverture s’étant réalisée sur le Rognon, je pense que je me dois de la clore sur ces magnifiques parcours. Me voilà sur les rives, le niveau bas et la clarté de l’eau m’incite à allonger la pointe. Lentement je remonte le cours à la recherche d’une hypothétique ombre. Rien ne semble se décoller du fond ; il faut dire que l’épaisse frondaison empêche les rayons solaires de pénétrer mais au moins, je suis à l’abri du vent ! J’arrive à cette veine qui maintes fois m’a apporté la joie égoïste du ferrage. Je m’accroche à l’aubépine, l’ortie me pique le bras mais je parviens à m’immerger sans trop de vaguelettes. Sans attendre, elle est là, oscillant nonchalamment, la belle de septembre. Une bonne trentaine de centimètres voire un petit 35 (l’eau c’est comme l’éléphant, ça trompe énormément…) ! Le petit casque préalablement fixé s’élance pour une morsure mais c’est sans compter le bandage trop sec de la Tactical. Le voilà heurtant la surface à moins de 20cm de la diablesse qui ne s’en laisse pas compter, entraînant à sa suite les 3 thymallus postés sur sa droite. Ça commence bien ! Le soleil maintenant perce et le fond se dévoile. Je remonte pas à pas, un courant, un radier, un petit pool, rien pas le moindre mouvement de queue. Tous ces postes si féconds sont aujourd’hui vides ; les poissons seraient-ils remontés ou descendus ? Qu’à cela ne tienne, je décide de sauter toute cette partie lisse et inerte pour rejoindre LA ligne, lieu de mes précédentes rencontres estivales. Je me fraye un chemin entre les aubépines (aïe, aïe !) et me fixe dans l’espoir d’observer une quelconque activité. Des cabots de ci de là mais rien ne m’incite à reprendre espoir. Là, il m’a semblé voir un léger rond sous cette frondaison mais peut-être n’est-ce qu’une baie détachée par le vent ? Il faut le tenter. Il va falloir être adroit entre ces branches tombantes et ma (trop) longue pointe. La nymphe a été troquée contre une sèche minimaliste (soie de montage, plume). Le poser est délicat et un rond vient d’apparaître. Serait-ce sur mon imitation ? Je laisse aller et relance sans faux lancer. Même chose. Mon imitation ne suit pas cet axe ; enfin je crois ! Nouvelle tentative et nouvelle aspiration, un ferrage s’impose. Bien m’en a pris car c’est bien une lourdeur que je sens. L’animal tente de regagner le fond, part vers l’aval mais j’aurai le dernier mot. Un très bel ombre ! Certes ce n’est pas un monstre mais au vu du coup de ligne, il restera comme un des bons souvenirs de cette saison. La journée continuera sur la lancée entre rafales de vent, posés approximatifs et gobages délicats ainsi que des décroches inévitables. A noter, la même truite de 25, reprise sur la même imitation qu’il y a 11 jours. Pour l’ensemble de son œuvre, de son cadre, de ses poissons et de ses coups de lignes, le Rognon reste le grand vainqueur du Challenge « Loops ». Petit regret, cette mémère qui ne s’est montrée qu’une fois au printemps.

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