5 heures du mat, j’ai des frissons (vous connaissez la chanson), je ne dors pas car des pensées se bousculent dans ma tête. Soudain je pense à mon ami Tom White emporté par un cancer en juin 2007. Je devrais plutôt dire mon ami le « Captain White » comme ils disent dans les « Keys ». Ah ! Combien il était heureux d’avoir le privilège de vivre à Marathon et de pouvoir y exercer le métier de guide de pêche dans ce paradis sur terre. Marathon, lieu de résidence de la majorité des guides de pêche de Floride. Situé en plein au milieu de l’archipel composé de plus de 500 îlots, que les américains appellent les Keys. Ah ! combien il était Heureux , et on le serait à moins, de vivre sur un îlot implanté en bordure du golf du Mexique baigné par le gulf stream, entouré de 10 000 kilomètres carrés de flats (hauts fonds), vestiges d’une vie corallienne autrefois exubérante. Imaginez un paysage composé de mangroves, d’îlots, de sable fin et tellement blanc que l’on pourrai le confondre avec de la neige si la température de l’air ne nous rappelait pas que nous sommes sous les tropiques, une mer chauffée a 26 °c l’été et a 21 °c l’hivers, des eaux salées entrecoupées de flux d’eau douce, une eau tellement claire que les bateaux semblent flotter dans l’air, un écosystème tellement riche que 98% de la faune aquatique est totalement sédentaire. La richesse de ces eaux fait que la chaîne alimentaire qui en dépend est composée d’une variété incroyable de poissons de sport. Par moment, lors de nos plongées, nous avions l’impression d’être immergé au milieu d’un aquarium de mer tellement la richesse et la diversité des espèces y était grande. Mérou, Carangues de toutes sortes, Dorades coryphènes, Aberjacks, Permits, Requins divers et variés, trop variés à mon goût, Cobias, Tassergals, Red fish, Barracuda , Snook, Bonefish , Marlins blues et blancs, et bien d’autres dont je ne connaît pas forcement les noms et bien sûr celui qui je respecte avant tout, celui qui me hante qui me fait battre le cœur à toute allure, celui qui combien de fois ma nargué, j’ai nommé Maître Megalops Atlanticus (tarpon). Ah qu’il à été heureux « Captain » de vivre dans ce paradis sur terre (et sur mer devrais-je dire). Même s’il regrettait fortement que la pêche dans les keys n’était plus ce quelle était auparavant. En effet les flats des Keys sont devenus des autoroutes aquatiques ouvertes à toutes sortes d’engins aquatiques destinés à divertir le touriste, engins aussi bruyants que polluants qui mettent en péril non seulement la qualité de la pêche mais également et surtout l’équilibre fragile de ce biotope. Bien, que chaque jour les bones deviennent plus méfiants, plus difficiles à leurrer, à cause de ces activités parasites, il me disait : « Cela ne fera qu’ajouter au plaisir de les prendre » car en toute chose il voyait le bien « Captain » . Malgré cela, jamais il n’aurait quitté ces lieux, sauf peut-être pour rejoindre ses amis et adversaires du nord du continent américain, j’ai nommé saumons et steelheads qu’il ne manquait pas de visiter plusieurs fois dans l’année à la saison creuse dans le golf. Combien de fois n’ai-je rêver de réaliser le grand slam (chelem) sans jamais pouvoir le réaliser (prendre dans la même journée un tarpon un permit et un bonefish). Pourtant dieu sait, que la zone située entre Marathon et key West est des plus propice pour réussir ce chalenge. Et toi Tom dans ta grande sobriété, jamais tu me rappelais que tu l’avais réalisé nombre de fois. La plupart de tes clients étaient aussi de tes amis et ils se battaient pour pouvoir bénéficier de tes conseils. Les Bonefish de Biscayne Bay à Elliot Key ou de Big Pine Bay sont énormes et totalisent une moyenne de 5 à 10 livres, mais ils se méritent. En effet lancer avec précision une « crazy » à plus de 20 mètres et ce avec un vent aussi fort que capricieux, n’est pas donné à tout le monde et pourtant lorsque je te regardait faire cela semblait tellement facile, car en plus d’être un pêcheur exceptionnel, tu était un lanceur de génie. J’étais obsédé par le grand Slam et c’était toujours le bone qui me mettait en difficulté. Alors lorsque tu me surprenais à lire « bone fishing with a fly » de Randall kaufmann tu ne manquais pas de me faire comprendre que la pêche ne s’apprend pas dans les livres fussent-ils des meilleurs. « Arrête de te passer ton temps dans les livres !! Maintenant que tu t’es fait une expérience, oubli tout et pêche avec ton instinct » « Vérifie plutôt ton matériel, car en mer aucune défaillance ne te sera pardonné » « Ok Captain » répondais-je et cela le flattait. Je me souvient du jour ou emporter par je ne sais quoi et voulant à coup sûr l’impressionner je me suis mis à réciter ce que j’avais lu un peu plus tôt : « Sais-tu que c’est à Islamorada que la pêche du bone a réellement pris son essor. C’est en 1906 que le fameux guide Preston Pinder qui guider son client le sénateur je ne sais plus qui, à réussi a faire prendre de façon fiable à son client plusieurs bones en utilisant des crabes. Son bateau étant ancré sur le flat. Il fallu attendre 1947 pour que les premières imitations de crabes soient utilisées avec succès pour la capture de bones avec des cannes à mouche et patati patata…. » Tom restait de marbre faignant de trouver mes élucubrations intéressantes, mais lorsque nos regards se sont croisés, instantanément j’ai compris mon ridicule, il ne savait pas mentir. Son regard me disait « Arrête Bob, tu fait de la diarrhée verbale, détend toi tout vas bien se passer, ton grand slam ça va être pour aujourd’hui je m’en occupe » Je continuerai bien cette petite délivrance mais le sommeil me gagne ainsi que l’émotion Une autre nuit peut-être… Il y a des putains de nuits comme cela ou on ferait mieux de dormir n’est-ce pas ? Tom White passed away l Saturday, June 23 2007. He was with his sister and daughter at the time his passing, after a hard battle with brain cancer. As all of our customers who met Tom know, he was one of the finest fly casting instructors on the planet and by far, one of the nicest people you could ever hope to meet. Tom will be remembered as leader in the fly fishing world and was considered as the most gifted instructor in the business. As a long-time friend, I can not say enough about this great man who helped me in so many different ways. . Tom never hesitated in lending a helpful hand. his favourite sentence was , “hey, if their is anything I can do for you, just let me know…”. I am sure he is now on the finest steelhead drift in heaven. Tom, we will all miss you!