Sègre : Sol y sombra

11 juillet 2005

Espagne

Sègre

baetis_fr

Depuis le temps qu’ Yves, fasciné par les news de de Pastor (et les photos de truitasses), me bassinait pour l’ accompagner sur le Sègre, nous avons fini par trouver une date : ce sera les 10 et 11 Juillet. Les Lozériens Louis Jean et Christophe nous accompagnent. Devant les difficultés pour obtenir des informations sur les cotos, les modalités d’ obtention du permis Espagnol, le logement, etc…, nous décidons pour la première fois d’ avoir recours à un guide chargé de nous faciliter les démarches là bas. Yves appelle Christophe De Pastors qui, chance, est libre pour ce jour là. Après confirmation le samedi AM que les niveaux sont bons et que tout est OK, rendez vous est pris au camping Bellver pour le dimanche matin à 8h30. Après un départ dès potron minet d’ Agen, nous sommes sur place vers 8 h du matin. Déception ! Les eaux du Sègre sont sales, il a plu dans la nuit. Nous cassons la croûte en attendant C2P, réfléchissant à des solutions de repli. Notre guide arrive, distribue les permis, nous délivre la carte du No Kill (5 Euros/jour !), nous nous mettons en tenue et au bord de l’ eau ! Nous nous séparons en deux groupes : C2P emmène Yves et Louis Jean en contrebas, je me retrouve avec Christophe au niveau du camping. Nous montons des nymphes et commençons à taper l’ eau. C2P revient, vire ma pointe et ma nymphe, me remet une pointe en 20/100 et un streamer maison, puis il me montre les techniques d’ animation. Au 2e lancer, une jolie truite manque le streamer ! Il me rend la canne, mais elle ne revient pas. Nous voyons un très beau poisson sauter devant nous, mais l’ eau trouble nous empêche de voir le fond de la rivière et toutes ses occupantes. Je remonte d’ une centaine de mètres pour ne pas géner Christophe qui est resté en nymphe, et en pêchant vers l’ aval, je pique une belle truite qui se décroche malheureusement au bout de quelques secondes. Arrivé à mon point de départ, je prends mon premier poisson, une souche atlantique d’ au moins 20 cm. Une deuxième de même taille suivra peu après. Je rejoins les autres qui font une petite pause dans le camping : je suis à la traine, Louis Jean a quatre poissons, Yves et Christophe 3, mais pas de gros monstre pendu. Moment de découragement et flottement, surtout qu’ une manipulation maladroite a cassé le scion de la dernière canne de Christophe, qui n’ a plus qu’ à pêcher avec les mains, ce qu’ il refuse de faire. Le fautif lui prêtera sa canne de rechange du coup. C2P nous propose alors d’ aller sur la rivière miracle, le Llobregat, où un NK est tapissé de truites toutes plus grosses les unes que les autres. Il nous indique la direction et nous changeons de vallée. Quand nous voyons le Llobregat, nous sommes déçus : il est minuscule par rapport au Sègre, et vraiement boueux. Arrivés au village, nous regardons le parcours, nous pouvons voir quelques truites en surface ou dans des calmes. Nous partons à la recherche des cartes journalières et là, j’ ai un coup de blues, pas envie de pêcher à l’ aveugle, au milieu des bouches d’ égout : je ne prends pas la canne, je serai observateur… Les compères s’ équipent : Yves et Louis Jean descendent sous le village, je regarde Christophe en dessous de moi : c’ est hallucinant : il y a 5 ou 6 truites en surface sur une bordure, un Espagnol essaie de les pêcher en sèche sans succès, Christophe s’ installe de l’ autre côté et commence un festival en nympha au fil, écoeurant l’ Espagnol qui s’ en va, lui laissant le champ libre. Après s’ être rafraichi en traversant (quel courage, en aval des bouches d’ égout…), il prend une demi douzaine de poissons à la suite. Yves arrive alors, prend des poissons derrière Christophe, puis monte un petit streamer. C’ est alors l’ explosion : à chaque lancer, le carbonne se plie, et des farios et arc en ciel de 40 cm et plus font des festivals de cabrioles. Un couple de moucheurs nous signale alors gentiment que les streamers sont interdits (il fallait vraiement le savoir, ce n’ est écrit nulle part sur les docs…), Yves et Christophe repassent aussitôt aux nymphes, et cela devient un peu plus raisonnable. Il y a sept autres moucheurs sur le parcours, tous en sêche, et les prises sont maigrelettes. Ils me confirmeront que très peu de monde pêche en nymphe, ce qui explique nos succès. Louis Jean et Christophe sont maintenant dans le village, un affluent charrie la boue, au dessus le Llobregat est clair. Louis Jean prend une dizaine de poissons à la suite, en NAV, provoquant des attroupements de badauds, Christophe assure aussi, Yves, opiniâtre, est resté dans son trou plus bas (« moi je dis qu’ il en reste encore… ») Je me dis qu’ il faudrait que je prenne quelques photos, vais chercher l’ appareil dans la voiture, quand je reviens, Louis Jean a pris toutes les truites de la coulée, ils redescendent vers les trous de l’ aval, trop loin de moi pour que je puisse immortaliser correctement leurs captures. Dommage, car malgré l’ environnement, la majorité des poissons est magnifique, arc en ciel ou farios très bien conformés. Christophe arrète, puis Yves. Louis Jean fait le coup du soir à côté d’ un malheureux Espagnol, prenant deux à trois gros poissons chaque fois que l’ autre en fait un petit, s’ écartant gentiment chaque fois qu’ il prend une truitasse pour ne pas gèner son malheureux confrère. En haut, avec Yves, nous commentons les lacunes à l’ épuisettage de notre Luigi, obligé de s’ y reprendre à 2 ou 3 fois pour rentrer la truite dans le filet…Grand moment… Nous rentrons à Bellver un peu sonnés, Yves et Christophe ont dû prendre une cinquantaine de poissons, Louis Jean peut être quatre vingt ? Je regrette quand même un peu de pas avoir voulu salir le wader… J’ ai pas mal discuté avec les locaux, entre autres le secrétaire de la Société de pêche locale. Il me dit que les arc en ciel ont été introduites en 1996, lors du passage en NK, et qu’ il n’ y a pas eu d’ autre alevinage. Elles arriveraient à se reproduire. Par contre, il semblerait qu’ il y a des lâchers réguliers de farios. Après une nuit de sommeil marquée par la destruction de son lit par Christophe (rêvant qu’ il se bat avec les truites du Llobregat) et bercée par les ronflements mélodieux de notre doyen (non, non, pas de noms), nous retrouvons au matin le Sègre un peu plus clair. C2P, bien qu’ il ne doive normallement plus nous guider, est venu nous rejoindre et nous accompagnera toute la journée. Je vais chercher les permis journaliers, quand je reviens, je les trouve au bord de l’ eau, ils ont vu de gros poissons, dont un magnifique. Fait ch..r, j’ étais encore ailleurs… Je vois quand même un beau poisson sortir de sous son abri, elles sont sur les vairons actuellement. On se remet en tenue, je pêche un superbe plat en amont du camping, en nymphe à l’ aveugle (?), moi qui n’ y connais rien à ce genre de pêche, dur, dur ! Je manquerai une truitelle, c’ est tout. Arrivé en haut du plat, je vois un attroupement, Yves et Christophe discutent avec un couple, je m’ approche, surprise, c’ est Christophe Douziech et sa moitié, je ne l’ ai pas vu depuis des années, c’ est sympa de se retrouver dans ces conditions. Ils arrivent pour une semaine de pêche sur le Sègre. Ils partent plus haut, yves a pris une truite de 40 cm, en a vu une bien plus grosse qu’ il n’ a pu intercepter. Je redescends, pêchant en noyée la rive opposée. Je prendrai une truitelle au démarrage, et ça s’ arrètera là. On se retrouve au camping, nous apprenons que Louis Jean, accompagné par C2P, a pris trois poissons de + de 40 cm, dont un de 60 cm (immortalisé sur numérique, photo à suivre), le 3e l’ a cassé bêtement. Nous essayons de garder notre calme et de ne pas faire manger sa canne (avec le moulinet, le backing et la soie) à ce damné Luigi qui nous met systématiquement les fesses rouges. La rivière est calme, C2P nous guide efficacement vers un petit restau sympa, nous partons ensuite vers le Sègre côté Français, bien calme là aussi, nous rentrons après un dernier pot offert par de Pastors. Mon bilan de ce WE : Une rivière superbe, avec de gros poissons, mais où pêcheur en sêche comme moi se cassera souvent le nez (il vaut mieux pêcher en nymphe ou au streamer), possibilité de pêcher des cotos plus artificiels mais extrèmement poissonneux à proximité, et un guide, bien que catalan (nul n’ est parfait), compétent et sympa. Désolé d’ être si bavard A+ Marc

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