Une telle vague de douceur au mois de janvier, ça ne se laisse pas passer quand on aime la pêche en réservoir. La journée la plus propice était sans doute dimanche, encore que quand on lit la news de Boulbag ca n’avait pas l’air si folichon : pêche uniquement au fond. Mais le dimanche, on déjeune en famille, alors j’ai du me rabattre sur ce lundi décreté venteux par météo France, avec même une alerte orange parait il. Mais il en fallait plus pour me décourager et c’est plein d’espoirs que je partais vers le Lac du Château et ses truites véloces. La matinée fut abominable avec du vent et surtout de la pluie, et des poissons incroyablement profonds compte tenu de ce redoux, rendant la pêche difficile avec mon intermédiaire. Quelques décrochés et il était déja midi quand je vis un poisson gober. Quitte à ne rien prendre autant s’amuser, alors je tentais la sèche : un gros shipman olive sur hameçon de 10, une pointe en 18, et on verra bien… et c’est ainsi que je fut tout étonné de prendre ma première truite de la journée, pendue toute seule sur ma sèche (je n’y croyais tellement pas que je ne regardais même pas la mouche). Une autre suivit puis le Vent se mit à souffler. Entre deux maux, on dit qu’il faut choisir le moindre, mais j’avoue que quand la pluie cessa pour laisser place au ciel bleu, je me surpris à la regretter. Car cette absence de nuages, c’était le signe de l’arrivée du Vent. Oh certes il avait soufflé le matin, fort même, enfin il m’avait semblé, mais là, ca n’avait plus rien à voir. Envolés mes espoirs de pêches de surface avec ce soleil, et envolés mes espoirs de pêche … tout court, avec ce vent. La surface du lac était déchirée par les tourbillons, lacérée par ce qui semblait être de mini cyclones, et les moutons m’envoyaient parfois de l’eau sur le visage. Lancer était difficile et shooter était impossible car le running line volait, horizontal, et s’emmèlait aussitôt dans la ripisylve. D’importantes concentrations de poissons s’étaient formées au voisinnage des rives où venaient s’écraser les vagues et il suffisait de faire nager le streamer quelques mètres à la bonne profondeur pour en profiter. Mais lancer à angle droit avec le vent était bien laborieux et j’abandonnais la partie. Le vent s’appaisa un peu mais pas suffisament pour permettre de pêcher confortablement et je quittais donc le lac prématurément.