J’avais planifié depuis plusieurs jours une petite virée au lac du Drennec. En ce début d’après-midi, le temps est au beau fixe et à notre arrivée sur place, un soleil à peine voilé surplombe le lac ridé par une légère brise. Je me dirige alors vers la rive au vent et observe pendant une quinzaine de minutes mon secteur qui me semble prometteur. En refaisant mon bas de ligne, je surveille la surface de l’eau crevée par les gobages de deux ou trois poissons en activité. Cependant, je ne distingue que très peu d’insectes au dessus de l’eau. Alors tant pis, comme souvent dans ces conditions, j’attache un chiro en pointe précédé d’un sedge en cervidé en potence. Je commence à lancer plein travers puis je surveille mes imitations en dérive inerte ou bien en faisant draguer mon segde dans la vague. Quelques minutes plus tard, un gobage bruyant vient troubler ma quiétude. J’arrache ma soie et essaye d’anticiper la trajectoire du poisson. Je lance donc dans la direction vraisemblablement suivie par celui-ci et mon bas de ligne s’étend bien. Et là, comme dans un rêve, mon sedge disparaît dans un remou indescriptible. J’ai juste le temps de lever la canne que le poisson part en trombe et se lance dans une série de cabrioles dignes d’un tarpon cubain. Quelques jolis rushs et trois chandelles plus tard, j’échoue une belle arc toute en muscles. Après avoir pris la pose, elle repatira comme elle était venue. Puis, plus rien jusqu’à 17h30. Je me décide alors à terminer mon après-midi sur l’Elorn que je n’ai pas revue depuis mon ouverture. Avant de partir, je vais m’amuser à capturer quelques gros gardons sur les bordures au travers desquels j’ai la surprise d’apercevoir un black bass d’une bonne vingtaine de centimètres. J’arrive au bord de la rivière vers 18h15. Je prends alors mon temps pour observer le manège des truitelles postées entre les renoncules. Mais je les laisserai tranquilles, préférant ne pas blaisser d’aussi petits poissons. J’ai pu observer quelques jolies bretonnes sur les bordures, mais pas à portée de lancer. J’attendrai le 1er juin et l’autorisation du wading pour aller les taquiner. Je prendrai quelques poissons, pas très gros mais la densité sur cette portion de rivière est assez impressionnante et donne espoir quant à l’avenir des farios sauvages de l’Elorn. En revanche, certains endroits sont tapissés d’algues brunâtres qui sont sans doute de nouvelles conséquences de l’agriculture bretonne. Triste spéctacle… Au moment où j’écris ces quelques lignes, j’ai déjà hâte d’y retourner… Halieutiquement vôtre 😉