Encore, encore

17 mai 2016

52 - Haute-Marne

Marne

pecheurdenature

Me voilà donc toujours en Champagne avec pour simple objectif de finaliser mes diverses démarches administratives (MSA, RSI, mutuelle, impôts, etc.) et d’assurer la pérennité de mes partenariats notamment auprès de la fédération de la Haute-Marne pour la pêche et la protection du milieu aquatique et de la Maison Départementale du Tourisme du 52.

C’est ainsi qu’avec délectation, je retrouve mes comparses associatifs pour de nouvelles rencontres halieutiques. Quel plaisir d’échanger avec des personnes motivées, ambitieuses et « ouvertes à l’écoute ». Dès les premières approches, la volonté commune de valoriser un patrimoine halieutique vraiment intéressant se ressent. Bien sur, cela ne se fait pas en un jour mais à force d’écoute, de persuasions et de compromis, pour peu qu’une oreille soit entrouverte, de belles choses se mettent en place et se projettent.

Pour cela, il faut quand même s’assurer du bon accueil de nos ponctuées. Certes, elles sont assez capricieuses et il n’est pas rare que la vedette leur soit « volée » par les étendards mais leurs poses devant l’objectif, ne méritent-elles pas quelques kilomètres entre aubépines, saulaies, passages de clôtures, rencontres bovines et autre aléa végétal ?

C’est ainsi qu’une nouvelle fois, je me retrouve auprès de ces gravières, bordures et ouvrages oubliés, espérant celle qui assouvira mes pulsions et m’apaisera de mes tourments halieutiques. Le ciel devenu bien noir accompagne mon parcours vers ces premiers courants. Passée l’ultime épine, les eaux se dévoilent, farouches guerrières n’attendant qu’un posé pour noyer mon voilier. Quelques vols pendulaires caractéristiques se présentent, descentes crédules vers mon espoir.

Une hésitation, un regard, il me faut m’immerger. Chaque pas est assuré, quasi mesuré. La pluie s’invite, d’abord bruine enlaçante puis averse entreprenante. Un rond, un deuxième, un troisième plus loin, autant de potentiel qui s’offre au futur. Je ne suis pas là pour eux ! j’attends ce petit rien, cette bulle différente, ce je ne sais quoi attractif, là, calé derrière ce jeune rejet tombant. J’observe encore et encore, je fixe jusqu’à la brouille et ce battement de paupière embrumé, les secondes, les minutes défilent, les gouttes trouvent un passage (toujours elles le trouvent…), le cou d’abord puis elles filent le long de l’échine. Un frisson. LE frisson, pas celui provoqué par l’arrivée d’une sensation de froid, non, celui d’une adrénaline, celui d’une provocation inaudible.

La vaguelette, était-elle bien la trahison d’une aspiration ou simplement le mirage d’une envie si forte ? le bras est impatient, l’imitation bien isolée au creux de la paume refermée, il ne manque qu’une authentification de cette présence. Ce poste n’est pas anodin, une vieille connaissance y réside (j’espère toujours…). La lutte face à l’impatience, tous les moucheurs l’ont déjà ressentie !

Une nouvelle bizarrerie le long de la feuille, assurément, quelqu’une est positionnée. Je troque ma sèche pour une orl que je laisse pendante, touchant l’eau. J’assure la longueur, un premier passage pour ajuster mais un remous suit ma pointe et immerge l’imitation. La tension de la soie est suivi par un nouveau remous puis l’explosion. Le démarrage amont pour rejoindre les branches, un premier contre, la belle se retourne et file vers l’entrave du vieil ouvrage, deuxième contre. La réponse ne se fait pas attendre, un saut, puis deux, puis un troisième manquant de retomber sur mon 12°°. Il me faut passer derrière elle. Gentille amazone, la voilà repartie vers son repère ce qui m’assure la prise de l’épuisette et la gestion d’une fin de combat salutaire. La belle accepte le repos proposé et c’est enfin l’admiration. Une robe typique de la Marne, quel pied ! par contre, elle m’est inconnue mais reprenant sensiblement les caractéristiques de sa précédente.

C’est avec apaisement que je laisse là cette dernière champenoise de mai et reviendrai vous narrer mes prochaines basques, béarnaises, charentaises ou slovènes…

Au plaisir !

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