18 heures, l’heure du « crime ». Apres une bonne répé, rien de mieux pour se nettoyer les oreilles que le doux bruit de l’eau qui coule. Vite, les cuissardes, monter la canne et en avant ! Les rives du parcours mouche sont désertes, chouette, je vais avoir la rivière pour moi tout seul. Montage de pointe, petite pause pour observer ce qui se ballade sur l’eau, pas terrible. Peu d’insecte et un petit vent qui remonte le courant en rabattant sur la gauche, ça ne va pas être facile d’être précis ! Et puis, le premier gobage, ou plutôt la première succion. Zut, pas vu sur quoi ! Quelques rares éphémères volètent et se posent rapidement sans être vraiment inquiétées. On dirait des mouches de mai mais j’ai un doute. La rivière se réveille doucement, la surface s’orne de ronds prometteurs, il est temps de faire le choix. Allez, une petite émergente sur le gobage juste devant moi, d’habitude, ça marche bien. Un passage, deux passages, rien ! Bon, ça ne doit pas être la bonne. Changement de mouche, j’attache une petite « Quill bicolore » montée la veille, lancer, posé à peu près correct (saleté de vent !) et gloup, une montée franche au premier passage ! Zut, ratée ! Tiens donc, pas mal ! Sur ce, un collègue arrive que je rencontre assez souvent sur le parcours. (Qu’il me pardonne mais j’ai plus la mémoire des visages que des noms mais il se reconnaitra !). Après les salutations d’usage et l’énumération de nos échecs du jour respectifs, on se met à scruter la rivière. Les gobages commencent à se faire plus nombreux, quelques petits sedges gris bousculés par le vent volent au dessus de la surface mais, apparemment n’intéressent pas nos amies. Et toujours ces succions et marsouinages à la surface, et toujours rien de très visible. A lui l’honneur, deux, trois passages, rien. Un autre lancer et pile dans l’arbre en face ! Et une mouche ! Le temps qu’il change de mouche, j’ m’essaie à tenter ces dames le là, c’est un festival ! Chaque passage est gratifié d’une montée franche et rapide mais sans résultat. Au bout de 6 ou 7 fois, enfin pendue. Petite mais bon ! Relancer et re festival ! Le collègue commence à se poser des questions. Je lui montre la mouche et continue à pêcher en remontant un peu. Même sur un secteur sans grande activité, quasiment chaque passage est gratifié d’une montée ! Incroyable ! Si je racontais ça sans témoin, je passerais pour un sacré vantard ! Réflexion du collègue : « 5 ou 6 fois ça peut être de la chance mais au bout de vingt ou trente fois, il y a vraiment quelque chose ! » Aurais-je trouvé la mouche miracle ?