Dimanche 30 janvier, derniers lancers, le vent a basculé au nord et souffle son haleine glacée. Je longe les roselières, les couleurs se limitent au gris du ciel, à une déclinaison vert de gris pour l’eau, et à quelques variantes du beige au roux pour la végétation… Je suis tellement couvert que je ressemble à un bibendum, les gestes sont automatiques, et du coup je loupe le poisson qui surgit au premier lancer. Deuxième lancer il est à nouveau dessus, je suis anesthésié par le froid, deuxième louper… Plus tard un deuxième poisson suit, malgré les températures glaciales les brochets sont dans peu d’eau et immédiatement en bordure… J’essaye de m’appliquer, des larmes de froid coulent et glacent le long de mes joues… La lumière décline, je n’y crois plus, et puis la tape, ce petit brocheton qui vient terminer la saison du carnassier Je range la canne, enroule la soie, sèche mes streamers, je traine en chemin, je ne m’y résout pas malgré l’ambiance glauque qui se dégage de cette fin de journée où la nuit semble avoir pris ces quartiers dès 16h, il faut rentrer dans le mois le plus long du pêcheur, le mois de l’hibernation… J’ai déjà dans la tête l’odeur de menthe, les premières jonquilles, la vie qui explose, j’aimerais que février ne soit qu’une parenthèse… une mois avant la renaissance ! Au 10 mars, bonne ouverture à tous !