Après une longue période de disette halieutique et de réflexions tourmentées, il était nécessaire de retrouver la mélodie du courant. En effet, les conditions climatiques de ces derniers mois empêchaient l’épanouissement de soie (…). C’est pourquoi, les premiers rayons de cette fin hivernale incitent enfin à retrouver l’élément liquide. La réalisation d’un weekend festif en Haute-Marne me pousse à considérer l’éventualité d’une sortie pêche. Attendu pour midi, je décide de m’octroyer un temps d’observation sur les secteurs pratiqués en 2009. Un arrêt, puis deux mais rien n’y fait. Je n’observerai aucune activité probante. Il va de soi qu’en cette période de fin de léthargie, nos amis cyprinidés peinent à se secouer. Je reprendrai donc la phrase célèbre : « si tu ne viens pas à moi, je viendrai donc te chatouiller » (adaptation personnelle de la réplique du chevalier Lagardère convenant à pas mal de situations). J’enfile les bottes, attrape le chest pack, rajoute un brin de 14°° et en avant pour le repérage dans les retournes. 1ère encoche dans la berge, un beau cheucheu rejoint le courant prouvant s’il en était, la nécessité d’un minimum de discrétion. J’avance, dissimulé par les rejets de saules nus. 2 pépères naviguent gentiment dans 80cm d’eau. Leur circuit est simple, comme guidé l’un par l’autre, ils se suivent et tournent en rond. Je tente un petit casque blanc. Je bande (…la canne) et libère cette nouveauté. Ni une, ni deux, le premier s’en saisit goulument. Le blanc de sa gueule s’ouvre, une fois, deux fois et voilà notre gourmand qui se tortille. Le second reste pantois et continue son tour. Rapidement je libère le malheureux. Il ne m’en faudra pas plus. Je laisse là ce couple hagard et m’en retourne auprès d’un apéro tant mérité. Pour information, l’étang réservoir de St Germain la Ville (51) est maintenant dégelé et les arcs devraient prochainement se remettre de leur léthargie hivernale.