Les nettoyeurs sont passés.. Les obligations des fêtes ne m’ont pas permis de m’absenter longtemps au bord de l’eau, mais cette petite sortie de 2 heure m’a comblé puisque j’ai pu compter une quinzaine de frayères de saumons et une dizaine de truites. Si la différence entre les frayères de truites et de saumons est problématique sur les grandes rivières, sur cette petite rivière bretonne où les truites de plus de 35 cm sont très rares, une frayère de 1m50 correspond vraisemblablement à une frayère de castillon. J’aurai aimé aller voir si les saumons étaient remontés sur les ruisseaux affluents, j’aurai aimé voir les truites sur ces mêmes ruisseaux, et notamment en amont de cet étang où je soupçonne les mémères de s’engraisser.. je n’ai pu que courir voir deux zones que je soupçonnais d’être favorables à la reproduction. L’eau était haute mais limpide, le résultat de pluies abondantes mais antérieures à une semaine. La rivière est superbe, et sur les secteurs favorables, les frayères de saumons ne sont espacées que de quelques mètres.. Le spectacle est impressionnant, la rivière semble nettoyée, et le contraste entre les zones propres et les autres est saisissant. Par endroit, sur la partie amont des frayères, les graviers sont amassés en une sorte de butte abrupte de 30 cm de haut! Sur une petite rivière comme celle ci, les saumons doivent jouer un rôle beaucoup plus important qu’on le pense dans le combat contre le colmatage des fonds. même s’il reste pas mal de gravières non creusées et si je n’ai pas d’éléments de comparaisons quant aux nombre de frayères des années précédentes, cela m’a quand même fait chaud au cœur puisque cette année les remontées de castillons semblaient très faibles.. il faut croire que les saumons sont toujours aussi discrets, et savent remonter vers les zones de réserve très rapidement. Les protagonistes, eux, sont restés discrets, cachés dans les pools à quelques mètres des frayères, mais plus vraisemblablement déjà morts ou repartis en mer. Deux saumons seulement m’ont montré leurs museaux (dont un de belle taille), et leur robe n’étaient plus rouge mais déjà argentée.. cette année encore, il se prendra peut être des dizaines de « bécards » à une ouverture trop précoce, « bécards » qui s’il ne sont pas trop fatigués par leur piètres combats avec les pêcheurs viendront grossir les rangs des reproducteurs l’année prochaine. Je souhaite donc au saumonniers : une bonne survie des « bécards », de plus en plus nombreux en Bretagne une bonne survie des tacons une bonne remontée de printemps, de plus en plus rares chez nous, et enfin une bonne remontée de castillons après cette année anormalement médiocre! et bonne année Gaël