je vais finir par connaître tous les pêcheurs du parcours…Ces derniers pratiquent tous en descendant la rivière, moi, je pêche amont, en sèche ou en nymphe. Le style local est élégant, économique, efficace; un lancer roulé, la nymphe s’immerge à ras des vergnes de la rive, une longue dérive avec amendements, une bouclette de soie sous l’index qui se résorbe à la touche… Je préfère tenter les poissons qui s’alimentent et que je peux voir et approcher au plus près. Nombreux poissons, la rivière est riche, deux éclosions se produisent chaque jour, celle du matin et celle de la fin d’après-midi. A la mi-juillet, les eaux sont fines, la pêche aussi, passionnante, animée sous le soleil brûlant. Des prises dans le film, de petits remous, des blancs de gueule… Lorsque la chaleur devient intense, il est temps de chercher l’ombrage, de monter quelques mouchettes pour la fin de journée, une bière extirpée de l’onde si froide à portée de main. Au coup du soir, la brume envahit les courants, plus difficile de déposer la mouche auprès des branches baignantes, de suivre sa dérive, de repérer les montées discrètes… Le fer planté, il faut tirer sur la canne pour éloigner l’ombre bourru, la truite obstinée des branches baignantes. Une journée idéale s’achève. A travers prés, environné de lucioles virevoltantes, on s’en retourne en pensant au lendemain.