NO KILL A HARLEM. Je change de metro a la 14 eme rue,prend la ligne numero 3 direction la 110eme rue et,une demi heure plus tard,me voila enfin arrivé. Le lac « Harlem Meiir » sera aujourd’hui mon lieu de célebration,mon ouverture New Yorkaise. J’ai eu le temps pendant le trajet de Brooklyn ,de vérifier mon materiel:ma vieille canne repliée dans son étuit,une boite de cachoux Lajaunie avec 3 nymphes casquées,remplacant les cachoux ,une bobine de fil et un coupe ongle.C’est tout ce dont j’ai besoin;peche minimaliste sur ce lac ,au Nord de Central Park,a la limite de Harlem,en plein millieu de Manhattan. A la sortie de metro je me sens exité comme un puceau a son premier rendez vous amoureux.C’est toujours le meme refrain,chaque année,j’en ai les mains qui tremblent. Mais aujourd’hui,il se passe quelque chose d’anormal. Pas un seul pecheur Porto Ricain a la « rampe »( le meilleur « spot » du Lac).Pas un Japonais derriere l’ile.(D’habitude,ils sont légion a cet endroit!).Personne derriere la cabanne du vendeur de hot dogs . Par contre,un attroupement inabituel devant la maison des gardes.je me fraye un chemin a travers la cohue et la ,une dizaine de Policiers sont entrain d’ouvrir un passage pour que l’ ambulance du Saint Vincent Hospital puisse quitter les lieus. Un des flics me donne l’explication de ce phénomene. Alerté par des voisins,les plongeurs du Service des pompiers ont repeché ,ce matin,du fond du lac ,deux macchabés. Le premier n’avait plus de tete mais ,curieusement,sa main droite etait encore crispée sur une « fly fishing rod ».La seconde victime avait eu les doigts de ses mains ,sectionnées. Crime rituel ? « C’est pas la premiere fois que ca arrive,ici,me dit le policier,a mon avis ,c’est encore cette histoire du »gang des moucheux »contre le gang des »Toc ». Finalement ,je n’ai plus tellement envie de déplier mon materiel.Je crois que je vais rentrer doucettement a la maison.D’ailleurs,le temps fraichis,le vent se leve en raffales.Ca ne m’etonnerait pas qu’il se mette a pleuvoir. Le NO KILL de Harlem n’est plus ce qu’il etait.