Le Pays Basque Lorsque l’on demande à quelqu’un ce que cette région lui inspire, on retrouve souvent les mots culture, langue, terroir … Je dois dire que j’ai fait partie de ces gens … Dorénavant, et après des mois de recherche sur la toile (merci gobages), je suis « hanté » par ces deux mots: LES NIVES Arnéguy, Les Aldudes, Grande Nive … Ces mots résonnent en moi et me réveillent au milieu de panthères aux robes merveilleuses: C’est décidé, je dois y aller !! C’est donc dans ces conditions, plein de rêves dans la tête et d’appréhension sur les niveaux et débits que j’arrive mercredi dans ce coin de paradis. Première réflexion en arrivant sur le pont de Saint Jean Pied de Port… « Qu’elle est belle! » Maintenant que faire, où aller? Je perds pieds devant cette eau si claire, au courant si soutenu ! Ce sera Arnéguy, puis Baïgorry et enfin la Grande Nive. Toute la journée, ce n’est que l’ombre de moi-même qui est au bord de l’eau, complexé par la beauté des lieux, je ressens cette sensation de passer à côté de ma pêche … « Que c’est beau! » Cette première journée me fera quand même toucher trois poissons, deux perdus au ferrage et une belle d’environ 40 cm qui après un départ éclair sur la berge et une chandelle se décrochera comme pour me dire « Je suis là, mais toi tu n’y est pas! » La deuxième journée se situe dans le prolongement de la première avec en moyenne plus de temps à découvrir les postes, faire des photos des paysages.. et même regarder les vautours au dessus de moi, ce qui peut surprendre pour le normand de souche que je suis! Puis ce vent qui m’empêchera d’étaler mon bas de ligne correctement et donc impossible de leurrer ces trois belles panthères en maraude, gobant à tout va à quelques mètres de moi… Ce n’est pas grave, pas de truite mais… « Que c’est beau »… Bon aujourd’hui j’ai bien l’intention de me reprendre, je viens de passer deux belles journées mais il m’est impossible de partir sans voir l’ombre d’une truite, quand même! Au programme donc, prospection minutieuse des postes, ne pas se précipiter surtout. Deux mots d’ordre: Approche et Présentation. Direction la Nive d’Arnéguy, elle me parait plus « facile » vu mon niveau de pêche. Et la pluie annoncée s’en mêle, un point pour moi pour l’approche. Gobage discret dans une retourne … « mais elle doit être face à moi », ma gorge se noue. Premier passage, posé tendu et dragage immédiat. Deuxième passage, gobage, ça y est elle est pendue ! Tous mes sens en éveil, je ne lui laisse pas la chance de m’échapper et oui, je ne rêve pas, elle est dans l’épuisette! Ce poisson d’une taille modeste que certains regarderont d’un œil distrait m’emplit de bonheur, me réchauffe le cœur, et quelle robe! « Retourne vite à l’eau ma belle, mille merci ! » Un peu plus tard dans la journée, en remontant un rapide sous la pluie, toujours, nouveau gobage sur la bordure, sous les branches … aïe! Je distingue clairement une éclosion d’olives grises et Madame semble se gaver de cette manne nutritive. Je dois développer tout mon humble savoir dans les lancers revers pour passer au mieux ma mouche, lorsqu’un abat d’eau m’empêche de voir les dérives. Impossible de me lever, la truite est à 5 mètres de moi dans 30 cm d’eau. Qu’à cela ne tienne, je reste à genoux devant les fermiers ébahis et je fais le dos rond en attendant l’accalmie. Vingt minutes plus tard ma truite gobe toujours et la pluie diminue, il est temps d’essayer à nouveau. Troisième passage et hop! Départ dans le courant, chandelle sur les gros galets et à l’épuisette, quel bonheur ! Je préfère arrêter le récit de mon séjour sur cette belle émotion car la pluie incessante ayant défiguré la rivière dans la nuit, j’ai écourté ma formidable aventure, modeste pour certains mais indescriptible pour moi tant je suis reparti émerveillé de ces trois jours dans cette région magnifique: « Que c’est beau !!! » J’espère que ces sensations resterons tout au long de ma vie de pauvre pêcheur, je me revois le jour de mes 5 ans devant ce train électrique tant attendu; merci la PALM !!! merci d’avoir lu ces quelques lignes. Samy33