Samedi, rendez-vous est pris avec JM51 pour satisfaire aux obligations du déblayage de printemps pardon, d’hiver (…). Une fois cette tâche accomplie, la fin de la matinée fut consacrée à aller taquiner les quelques belles arc-en-ciel du réservoir de l’AAPPMA. De plus en plus fréquenté, ce site devient un lieu incontournable pour les rencontres entre moucheurs confirmés et novices plein d’entrain. A notre arrivée, nous constatons que la bonne humeur est de mise. Déjà les nouveaux moucheurs sont en place et lancent gaillardement leurs streamers irisés. Les salutations de rigueur, quelques mots échangés (à mon sens, partie intégrante de la pêche !) et nous voilà prêts à tenter ces diablesses. Malgré la météo trop peu favorable (vent frais avec quelques rafales) et une quasi inactivité, quelques poissons viendront saluer les efforts de ces pêcheurs avides de sensations. Pour ma part, aucune truite ne sera sensibilisée à mes imitations ; et dire que le soir précédent, une belle forme ronde de 46cm est venue prendre la pose, enfin… ! Sur le coup de 12h30, nous décidons d’un commun accord de laisser là ces capricieuses. JM se soumet aux obligations familiales et je décide de ne pas rester sur un échec. Si ce ne sont les arcs, ce seront les ombres ! Il y a bien longtemps que je n’avais pris cette route conduisant à l’émerveillement du moucheur solitaire. L’auto serpente dans le fond de vallée, une petite bifurcation, un champ puis deux et non loin, les postes ô combien porteurs. J’enfile le pantalon de wading néoprène (pas chaud quand même !) et avance fébrilement vers la rivière. Ces dernières précipitations ont-elles submergé les plages ? Auront-elles fait bouger mes amis thymallus toujours prêts à se déployer dans les veines porteuses ? La voilà. Le niveau est certes remonté mais cette vision est enchanteresse. Des veines, partout ! Il va me falloir peigner et encore peigner pour localiser ces facétieux étendards. La luminosité déjà fort peu présente, décline à chaque coulée. Déjà le premier gourmand se laisse tenter. Il n’est pas bien gros (20cm) mais signe la bonne santé de la population. Son frère suivra non sans mal. Les courants présents sur toute la largeur incitent à pêcher sur une faible surface. Sur le lisse, aucune activité ne trahit la présence des ombres. Pourtant, ils sont bien là. Seul, je profite allègrement de ces instants (peut-être les derniers ?). Sur un bon kilomètre, j’affinerai ma technique entre pêche longue et pêche rapide. Que ces instants sont bons, leurrant tour à tour ceux qui deviendront les futurs pépères. La soirée se termine si vite que je n’insisterai pas. J’ai eu mon lot de satisfaction. Je vous rassure, je ne parle du nombre de prises car ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas mon intérêt. Juste un petit mot pour vous signaler que mon ultime coup de ligne me gratifia du plus beau de la sortie sur une de mes imitations préférées (qui ne fonctionnerait pas sur les gaves !). Ps : merci JM pour m’avoir permis d’être au sec (…).