Publié dans les années 50 ce livre compte parmi les chefs-d’œuvre de la littérature halieutique écrits en langue française. Claude Auguste Jean Léonce Valette (1884-1968) choisit d’écrire sous le nom de Léonce de Boisset, sans doute par modestie et peut-être aussi un peu pour ne pas nuire à sa réputation de juriste. L’auteur nous transporte dans un siècle où le simple fait de se rendre à la pêche était en soit une aventure, les chemins de fer étaient à vapeur et posséder une voiture représentait le luxe suprême. Dans la première partie du livre l’auteur nous narre avec félicité certaines des plus belles rivières de France : La loue, l’Ain, le Doubs pour ne citer qu’elles. Les descriptions sont précises tout en restant poétiques. On y croise aussi quelques personnages des plus attachant comme Gabriel Ripotot aubergiste à Champagnole. La seconde partie du livre est consacrée à rendre un hommage mérité à certains grands « Monsieurs » qui ont fait « la pêche à la mouche ». Le livre devient alors recueil d’histoire. « In Memoriam » compose la troisième partie. Léonce de Boisset nous parle de ses rencontres et les lignes s’emplissent d’émotion. Vous ferez alors la connaissance d’un certain Gérard de Chamberet vivant dans un village au nom évocateur : Charrette ! Hé oui comme les mouches… Le livre se termine comme un état des lieux de pêche à la mouche ou un plaidoyer, c’est selon !
Je ne saurais être objectif en parlant de ce livre et plus encore de son auteur. Au delà de la pêche, la plume de Léonce de Boisset est magistrale, c’est ici de la grande littérature. Ce livre, selon moi, est à la pêche à la mouche, ce qu’est « Notre Dame de Paris » à la littérature : un des plus grands classiques.
Je n’ai qu’un regret, sa rareté et son prix prohibitif, fruit d’années de spéculation.
Je n’ai qu’un rêve, le rendre un jour accessible à tous. Je cherche depuis des années à savoir qui possède les droits sur cet ouvrage, pour en faire une réédition. Car un livre de cette hauteur se doit de figurer dans toutes les bibliothèques de ceux qui pratiquent notre Art. Alors je lance un appel à tout ceux qui auraient à disposition des informations concernant les droits sur ce livre.
Une petite anecdote.
J’ai toujours eu un sentiment de proximité avec l’auteur même si au fond je ne sais rien ou presque à son sujet !
Pourquoi ?
Croyez-le si vous voulez, mais je suis né le même jour que lui, le 25 août et plus fou encore, si je fais tomber mon pseudo, j’ai les mêmes initiales : LB. Et plus fou encore, Léonce de Boisset à écrit entre autres un livre qui est totalement introuvable : Plaisir des jours. Il coûte une vrai fortune, quand on en trouve un.
Il y a quelques années, je me baladais au marché aux puces. Devant moi une pile de livres vendus au kilo. Je jette un œil et là l’incroyable c’est produit. Dans le kilo de livre, au beau milieu, il y avait « Plaisir deq jour ». J’ai acheté mon kilo de papier pour 25 Francs suisses. Sur le moment, je tremblais comme un gamin…
Je ne suis pas un mystique mais tout de même, je vois dans tout ça quelque chose de métaphysique. Pour finir, je dirais que c’est ce grand Homme qui m’a donné envie d’écrire…