La truite des willows

4 février 2008

Nouvelle Zélande

Aotearoa

vince65

Lorsque nous sommes arrivés, le vent soufflait fort dans la région des grands lacs. Par acquis de conscience, mon fils et moi longeons le lac. L’eau est brassée et il est impossible de voir le moindre poisson. Sébastien va plus loin que prévu et trouve un endroit préservé du vent. Il s’agit d’un petit creek de tourbière.Le cours, parsemé de touffes herbeuses, meurt dans les willows du lac. Après avoir passé le pont délabré en bois, nous observons les 6 ou 7 browns de plus de 50 cms dans cet éden aux eaux calmes. La plupart des emplacements sont très « bushy » et tous nos efforts seront infructueux. Elles gobent juste sous la surface des insectes invisibles. Toutes les nymphes, émergentes et sèches y passent sans succès. Le lendemain, aux aurores, je me dirige dans la brume vers le spot des truites « just looking ». Sur le pont, un furet grignote allègrement un jeune lièvre. Sous le pont, une truite de plus de 60 cms attend calmement la dérive d’une quelconque nourriture, une oreille de lièvre peut-être. Je ne vois que la queue et une partie du corps. Par esprit de contradiction, je la tente avec une pheasant tail non plombée. Elle réagit. Je ferre malheureusement dans le vide. Cette tentative la convaincra de ne plus ouvrir la bouche malgré tous mes efforts. Je traverse le pont et fait un grand détour à couvert pour me trouver sur le seul endroit où il est possible de déployer ce bas de ligne trop long à mon gout. En franchissant de l’eau du marais, j’aperçois des petits boatmen qui remontent en surface. Les truites d’hier se gavaient peut être de ses infatigables bestioles. La brume se dissipe lentement. Les sandflies et autres diptères commencent leur manège infernal. Les truites sont là. Une belle croise régulièrement à proximité en gobant sous la surface. Malgré le temps passé à l’étau, mes boites à mouches ne répondent pas vraiment à ma demande pressante de diptyques en plumes. Je m’applique à nouer une petite émergente en cul de canard noir que j’imbibe de salive pour une flottaison basse. Dès que la truite disparaît, je lance la mouche sur le trajet de sa tournée. Je reste planqué derrière une touffe d’herbes et de lupins. La position accroupie devient inconfortable au fil des minutes qui s’égrènent. Une truite passe plus loin pour faire monter la pression. L’objet de mes désirs remonte à proximité de ma mouche. Elle gobe à quelques dizaines de centimètres de celle-ci et semble la dédaigner. Je strippe suffisamment pour donner un semblant de vie à mon leurre. Elle détourne la tête nerveusement, fixe la mouche puis monte très lentement sur cette proie. Le gobage est discret mais réel. Elle bascule doucement pour reprendre son chemin. Le ferrage la fait réagir immédiatement. Elle donne des coups de tête, tente d’atteindre les racines des willows, saute à plusieurs reprises. La canne encaisse avec douceur cette défense « pêchue ». Après bien des hésitations, elle finit par se rendre. Le soleil s’est levé et je profite de ce moment que m’offre la nature néo-zélandaise. Vince

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