Pêche Mouche

Pêche en nymphe à vue

20 décembre 2013

Nous allons tenter ci-après de faire un tour d’horizon de la technique de pêche en nymphe à vue.

La pêche à la mouche regroupe plusieurs techniques de pêche : la pêche en sèche, en noyée, à la nymphe et au streamer.

Il existe en outre plusieurs types de pêche à la nymphe :

La nymphe au fil qui se caractérise par des dérives en général assez longues où la touche se traduit par une tirée ou un déplacement du bas de ligne ou de la pointe de la soie,

La nymphe à l’indicateur qui diffère de la nymphe au fil par l’ajout d’un « indicateur » sur le bas de ligne afin de visualiser les touches,

La roulette qui se caractérise par l’utilisation d’une nymphe très plombée (fer à repasser) et par des dérives très courtes, réalisées en général quasiment sous la canne, la touche étant détectée par un « toc » dans le scion,

La nymphe à vue qui se traduit par la localisation visuelle du poisson, l’approche du dit poisson et sa pêche avec une imitation de nymphe.

Le point commun à ces différentes techniques est l’utilisation d’une imitation de nymphe ou de larve pour leurrer le poisson.

I/ Les particularités de la Nymphe à Vue (N.A.V)

Où pratiquer la N.A.V. ?

Il est impératif que les eaux soient suffisamment claires pour repérer visuellement le poisson, ce qui rend cette technique inutilisable dans certains types de rivière. C’est en général dans des rivières de type « calcaire » que la N.A.V. est principalement utilisée. Mais cette technique n’est pas exclusivement réservée à la rivière, et c’est avec succès qu’elle sera pratiquée en réservoir. Cependant, il ne sera abordé ici que sa pratique en rivière.

Quel poisson pêcher en N.A.V. ?

Tous les poissons se nourrissant de nymphes et de larves peuvent théoriquement se pêcher en N.A.V. : truites, ombres, chevesnes, barbeaux. Cependant, dans le cadre du présent document, nous nous limiterons à la truite et à l’ombre.

Quand pêcher en N.A.V. ?

Il est connu que les poissons se nourrissent principalement de nymphes et de larves. Certains auteurs estiment même que ce type de nourriture représente plus de 90% du régime alimentaire de la truite. Par ailleurs, nous savons tous que les éclosions et les gobages, se font de plus en plus rares (poissons toujours plus méfiants, pollutions organiques et écologiques).  Par conséquent, la N.A.V. peut se pratiquer systématiquement dans la majorité des situations, dans la mesure où les conditions le permettent (clarté de l’eau, peu ou pas de vent), même en plein soleil ou en période
d’étiage.  Il faut se rappeler qu’un poisson qui gobe saisira bien souvent une nymphe qui passe, alors qu’un poisson qui nymphe ne se déplacera que très rarement pour gober une sèche même bien présentée.

II/ L’action de pêche en Nymphe à Vue (N.A.V)

Si un mot devait caractériser la N.A.V., ce serait probablement la DISCRETION, discrétion dans l’approche, dans le lancer, dans la présentation de la nymphe, et même dans le matériel utilisé.

L’action de pêche en N.A.V. peut se décomposer en plusieurs phases :

->L’approche,

->L’analyse du comportement du poisson,

->Le lancer,

->La présentation de la nymphe,

->La détection de la touche et le ferrage.

 

L’approche du poisson
Compte tenu d’une part de l’angle de vision important de la truite et d’autre part de sa très grande méfiance, l’approche revêt une importance primordiale. Un poisson qui vous a vu ou qui a été alerté par un phénomène anormal est un poisson qui sera d’autant plus difficile, se calera ou ne mordra pas. Une bonne approche, c’est déjà plus de 50 % de la réussite.  Les schémas suivants montrent les capacités visuelles de la truite en conditions normales. On remarque que la zone située juste au-dessus de la surface est très mal appréhendée par la truite (c’est probablement pour cela que l’on effraie moins le poisson lorsque l’on pêche en float-tube). Par contre, plus l’on s’élève, plus la vision de la truite est bonne.  Un même mouvement effectué près du sol passera donc plus inaperçu aux yeux de la truite que s’il est réalisé en hauteur.  Garder toujours à l’esprit ces deux schémas lors des approches (y compris en sèche d’ailleurs), c’est une des clés du succès.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Se déplacer

La recherche du poisson se fait en général, comme en sèche, d’aval vers l’amont, le poisson se trouvant dans la majorité des cas nez face au courant. Elle s’effectue soit depuis la berge, soit en wading (marcher dans l’eau).  Dans la mesure du possible, RESTEZ SUR LA BERGE, vous n’en serez que plus discret.  L’approche se fera par l’arrière du poisson, très doucement avec des mouvements lents et fluides, sans aucun geste brusque, en évitant les vibrations dans le sol (pour cela, poser le pied, dans un premier temps, sans appuyer afin d’assurer la prise puis y transférer son poids progressivement).  Utilisez la végétation environnante (arbres, buissons) pour vous dissimuler.  Au besoin, ne pas hésiter à se déplacer à quatre pattes, voire en rampant si aucun obstacle n’est présent.  Avancez toujours canne à l’horizontale et dirigée vers l’arrière pour éviter que le scion ne vous précède ou qu’il ne survole l’eau de la rivière.  La position du pêcheur par rapport au soleil est, elle aussi déterminante : l’ombre du pêcheur ou de sa canne sur l’eau effraiera à coup sûr le poisson. Le soleil dans le dos est à proscrire, l’idéal étant de se placer face au soleil (la rivière étant alors dans le soleil ce qui rend le poisson plus visible, et le pêcheur à l’ombre des arbres ce qui le rend moins repérable). De ce fait, des portions ou berges de rivières ne seront praticables qu’à certains moments de la journée.  Si vous êtes obligé de pratiquer en wading, toutes les règles précédemment énoncées restent bien évidemment primordiales. Cependant, il faudra être encore plus vigilant : les bruits et vibrations sont amplifiés et véhiculés par l’élément liquide même si une partie peut être emportée vers l’aval.  Au moment du « poser » du pied, se méfier de l’instabilité des galets tapissant le fond de la rivière.  Par ailleurs, il est souhaitable d’évoluer dans le moins d’eau possible afin d’en déplacer un volume moins important.

Voir le poisson

Au début, voir le poisson n’est pas toujours facile. L’observation de la rivière doit se faire avec méthode en ayant à l’esprit que les postes sont généralement les mêmes que pour les autres types de pêche (amont et aval des cailloux, souches, veines d’eau, bordures).  Il faut toujours commencer par scruter « les postes classiques », puis regarder au plus près pour aller au plus loin en analysant secteur par secteur (m2 par exemple).
Recherchez des formes allongées en léger mouvement (ne confondez pas algues et truites !), des zébrures (en Franche Comté), etc… En présence de soleil, l’ombre du poisson se reflétant sur le fond de la rivière peut trahir sa présence. Par ailleurs, mieux vaut être légèrement en surplomb de la rivière ce qui atténue fortement l’effet de réverbération et de scintillement, phénomène qui rend le poisson plus visible de la berge qu’en wading. Rappelez vous cependant que plus vous surplomberez le poisson, plus vous serez dans son champ de vision.  Enfin, accessoire indispensable pour voir correctement le poisson : les lunettes polarisantes (cf partie sur le matériel). Ne vous découragez pas, avec un peu d’entraînement et de méthode, ce n’est pas si difficile que cela !

Le comportement du poisson et son approche

Enfin, le poisson est repéré !  A ce stade, arrêtez tout mouvement et analysez la situation : comportement du poisson, environnement, veines de courant. Bref, les paramètres en fonction desquels vous présenterez votre nymphe.  Passons sur le cas où le poisson a repéré le pêcheur et s’enfuit à tire nageoires, et sur celui où le poisson a perçu quelque chose d’inhabituel se traduisant par une attitude spécifique (arrêt d’alimentation, nageoires vibrantes).  Les choses sont mal engagées.  Le poisson peut avoir divers types de comportements ; Les principaux rencontrés :

Le poisson est en poste, nez au courant, ondulant légèrement, et se déplaçant de temps à autre latéralement pour prendre quelque chose d’invisible, puis se repositionnant immédiatement à sa place initiale. Il s’agit d’un poisson qui s’alimente à poste fixe. L’affaire se présente bien, car un poisson en activité sera d’une part plus enclin à prendre votre nymphe, et d’autre part sera moins sensible aux mouvements (déplacements, lancer) occupé qu’il est à s’alimenter,

Le poisson est en mouvement, parcourant en général un circuit bien précis (comportement habituel des grosses truites). Ce poisson, nonchalant,
opportuniste, se nourrit en général en « picorant » ce qui se présente, en profite pour faire la chasse à toute truite (souvent plus petite) se trouvant sur son territoire, puis reprend son circuit. Il est curieux d’observer comme le circuit est toujours le même, et que le temps pour le parcourir est souvent similaire.  Après avoir étudié le comportement du poisson, analysons son environnement.  Il est impératif de vérifier qu’il n’y a pas d’autres poissons à proximité. En effet, prenant toutes les précautions pour ne pas effrayer l’objet du désir, il n’est pas rare de faire fuir un autre poisson non repéré qui par sa course éperdue vers sa cache entraînera avec lui tous les habitants du secteur.  C’est également le moment d’étudier les courants, contre-courants et veines d’eau afin de déterminer d’ores et déjà le type de lancer, la nymphe à utiliser et un éventuel re-positionnement.  Le re-positionnement peut s’avérer nécessaire soit pour avoir une position de lancer plus confortable, soit tout simplement pour se rapprocher du poisson. C’est là que l’expérience saura déterminer la distance idéale pour effectuer un lancer et une dérive correcte sans toutefois s’approcher trop près et faire fuir le poisson.
Tout est question de dosage, quelques dizaines de centimètres pouvant s’avérer fatals.  Le re-positionnement se fera avec toute la discrétion et les précautions d’usage. Il est dans ce cas judicieux d’attendre le moment opportun, comme par exemple un déplacement du poisson (écart pour s’alimenter, éloignement dans le cadre de la poursuite de son circuit) pendant lequel il sera beaucoup moins attentif aux mouvements extérieurs.  S’il est nécessaire de changer de nymphe, de modifier le bas de ligne, bref de bricoler un peu, il est souhaitable dans la mesure du possible d’effectuer l’opération sans risquer d’être vu par le poisson (se cacher derrière un arbre ou s’accroupir par exemple,).

Dans tous les cas, Rappelez vous que si vous pouvez voir le poisson, il peut vous voir également.

Il faut préciser enfin que l’analyse du comportement du poisson et son approche doivent être effectuées le plus rapidement possible pour ne pas trop risquer de le perturber.

 

 

 

 

 

 

 

Lancer et dérive

Comme pour la pêche en sèche, la dérive de la nymphe est un élément déterminant dans la réussite.  La nymphe doit dériver de façon complètement libre, sans donner l’impression quelle est attachée à un fil. Pour que la dérive soit parfaite, il faut que :

La nymphe ne subisse aucun dragage,

La nymphe évolue à la bonne profondeur,

La nymphe dérive dans l’axe du poisson,

La soie, et même le bas de ligne, ne coiffent pas le poisson.

Les paramètres conduisant donc à une dérive parfaite sont :

La nymphe,

-le bas de ligne,

-le lancer.

La nymphe

Le choix de la nymphe influence directement la dérive, et ce en fonction de sa capacité d’immersion, celle-ci dépendant de son plombage, de son profil, de sa taille et des matériaux de montage utilisés (voir chapitre sur le matériel).  D’une manière générale, il est souhaitable d’utiliser la nymphe la plus légère possible compte tenu de la situation de pêche (un petit truc : pour les nymphes très légères, humidifier la nymphe dans la bouche afin quelle ne flotte pas). Ne jamais utiliser une nymphe plus lourde que nécessaire au motif que le poisson est un peu profond, car celle-ci n’aurait pas un comportement naturel (même si la nymphe arrive à la bonne hauteur sur le poisson, celle-ci aura une trajectoire descendante pas du tout « normale ») ou provoquera un « plouf » à la retombée dans l’eau un peu trop près du poisson.

Le bas de ligne

Le bas de ligne est bien évidemment un élément primordial de la dérive.
Il aura comme caractéristiques :
->la discrétion lors de la retombée sur l’eau,
->d’éviter le dragage.  Pour cela, il faudra en général éviter les bas de ligne rapides qui se déploieront trop bien : un bas de ligne tendu sur l’eau entraîne immanquablement le dragage de la nymphe.

Dans le même esprit, le bas de ligne utilisé sera assez long (5 mètres minimum) et la pointe mesurera entre 1 et 2 mètres pour favoriser le lancer parachute et le poser en fleur de pissenlit (cher à J. L. Pelletier).  Par ailleurs, il faut impérativement être attentif à l’adéquation entre le diamètre de la pointe et la nymphe utilisée (taille et densité). Rappelez-vous que le nylon est un obstacle majeur à l’immersion de la nymphe. Elle s’immergera d’autant plus vite et plus profondément que le diamètre du fil sera faible.
Enfin, il ne faut pas hésiter à changer de pointe régulièrement.  D’une part le diamètre de fil utilisé étant souvent relativement faible, celui-ci fatigue assez vite, et d’autre part les nombreux changements de nymphe raccourcissent très vite la pointe modifiant ainsi complètement la dynamique du bas de ligne.

Le lancer

Différents types de lancers sont utilisés pour pécher en NAV : Le lancer classique, le lancer arbalète, et le lancer « sous la canne ».
Quel que soit le lancer utilisé, il est impératif de ne jamais couvrir le poisson avec la soie ou le bas de ligne sous peine de calage définitif. De même lors de la dérive, il faut éviter que l’ombre de la soie ou du fil passe à proximité du poisson. Le lancer courbe vous sera donc souvent indispensable. Enfin, si votre lancer est raté (ça arrive aux meilleurs !) ou en fin de dérive, n’effectuez pas votre arraché sur ou devant le poisson, attendez que la soie et le bas de ligne l’aient dépassé largement.

Le lancer classique

Il sagit du lancer habituel pratiqué dans les autres types de pêche à la mouche (lancer horizontal ou vertical, de coup droit ou de revers).
Ici, il nest pas nécessaire de maîtriser la double traction ou le lancer à 20 mètres, la distance de pêche étant en général relativement faible (sauf à avoir un oeil de lynx !). En fonction de la situation de pêche et de la nymphe utilisée, le posé sera :

-> soit parachute : la pointe du bas de ligne tombant en paquet suivie de la nymphe qui pourra s’immerger plus facilement  et de plus sera beaucoup plus libre dans sa dérive évitant ainsi le dragage. Pour ce faire, bloquer la canne lors du lancer avant vers 11 heures (ne pas mettre trop de puissance), puis baisser la canne. Ce lancer est souvent utilisé sur les grands lisses où la discrétion du poser est primordiale.

-> soit plaqué : ce qui a pour effet de taper la nymphe sur l’eau, celle-ci transperçant la pellicule et s’immergeant plus facilement. Pour ce faire, lors du lancer avant, ne pas stopper la canne avant qu’elle ne soit à l’horizontale, ce qui a pour effet de plaquer la soie, le bas de ligne, et la nymphe sur l’eau. Ce lancer est utilisé lorsqu’il est nécessaire de faire plonger une nymphe assez légère dans des zones de courant où le plaquage ne risque pas d’effrayer le poisson.

Bien évidemment, ces lancers seront effectués aussi bien en coup droit qu’en revers.

Le lancer arbalète

Le lancer arbalète est le seul lancer réalisable lorsque le pêcheur se trouve sur une berge très boisée ne permettant pas de dérouler de la soie, ou lorsqu’un poisson est très proche de lui (ou les deux). C’est un lancer qui fait merveille par sa discrétion à des distances de pêche comprises entre 2 et 5 mètres (même s’il est possible avec de l’entraînement et une nymphe assez plombée d’atteindre 10-15 mètres). Dans le même esprit que pour le lancer classique, la pointe de la canne sera dirigée vers le haut (parachute) ou vers le bas (plus ou moins plaqué).

Le lancer « sous la canne »

C’est le plus facile à réaliser, même si ce n’est pas un lancer à proprement parler. Il s’agit en fait de laisser tomber la nymphe sous le scion (la nymphe pendouille au ras de l’eau, canne horizontale, puis l’on baisse la canne pour mettre la nymphe dans l’eau). Ce lancer sera utilisé principalement pour attaquer depuis la berge des poissons effectuant un circuit précis près des bordures. Le pêcheur profitera de l’absence du poisson pour positionner sa nymphe juste au-dessus de l’eau, et l’immergera dès l’arrivée du poisson (pas très spectaculaire mais assez efficace si l’on est très discret).

La dérive de la nymphe

Nous l’avons vu, la dérive se fera de la manière la plus naturelle possible du point d’impact dans l’eau vers le poisson (le point d’impact se trouvant plus ou moins loin du poisson en fonction de la densité de la nymphe et du courant).  En général, une nymphe bien présentée sera prise lors des deux ou trois premiers passages. Si ce n’est pas le cas, c’est que le poisson ne prendra pas ou que quelque chose ne va pas (nymphe trop ou trop peu lestée, fil trop gros). Il peut être judicieux d’essayer quelques dérives en animant la nymphe lors de son passage près du poisson (par un frémissement de la pointe du scion), cela peut entraîner un réflexe du poisson, salvateur pour le pêcheur. Si cela ne fonctionne pas, inutile de passer la nymphe moult fois sous le nez du poisson, il se calerait définitivement. Cherchez l’erreur, et au besoin, laissez le poisson tranquille pour revenir plus tard, il sera peut être en activité.

La touche et le ferrage

La touche se détecte de manière visuelle, non pas en regardant la nymphe mais le poisson (tentez de suivre une nymphe de 18 ou 20 sous l’eau à 10 mètres !).  Lors de la dérive de la nymphe, le pêcheur ne doit pas quitter des yeux le poisson convoité (et lui seul, même si d’autres sont dans les parages), tout en estimant, en fonction de la vitesse du courant, le moment où le leurre se situera aux alentours du dit poisson. La touche se matérialise par la prise de la nymphe par le poisson. C’est au comportement du poisson que le pêcheur sait qu’il a pris la nymphe :
– > déplacement du poisson plus ou moins prononcé puis arrêt (il arrive
que la truite vienne voir, puis fasse demi-tour sans prendre la nymphe),

-> visualisation de l’ouverture de la gueule du poisson ou de l’ouverture des ouïes (éclair blanc ?!),

-> le feeling  lorsque le poisson a pris la nymphe ou qu’un doute vous prend, ferrez !

Le ferrage devra se faire :

-> Pas trop brusquement compte tenu de la résistance de la pointe du bas de ligne,

-> de manière ample pour résorber tout le nylon dérivant dans l’eau.

III/ Le matériel

Il n’existe pas de matériel exclusivement dédié à la NAV, cependant il existe quelques spécificités :

La canne et le moulinet

La canne supportera une soie numéro 4 ou 5.  Elle devra avoir une longueur minimale de 9 pieds. La longueur passe-partout sera de 10 pieds ce qui permettra d’une part d’avoir moins de soie sur l’eau lors de la dérive (moins de risque de dragage) et d’autre part de pêcher un peu plus loin lors de l’utilisation du lancer arbalète (environ 60 cm entre une 9 pieds et une 10 pieds).  La canne ne devra pas avoir une action de pointe trop marquée ce qui entraînerait de nombreuses casses compte tenu de la résistance du fil utilisé. Par ailleurs, ce type d’action ne convient pas très bien au lancer arbalète. A l’inverse, une action trop lente ne conviendra pas non plus. En effet, il est souvent nécessaire de lancer vite, donc de sortir la soie très rapidement, chose très difficile avec une canne lente. Une canne d’action semi-rapide sera donc un bon compromis. Enfin, éviter les cannes trop « flash », style jaune fluo avec anneaux argentés. De la discrétion que diable : blank couleur mate et anneaux sombres.  Le moulinet a quant à lui une moindre importance comme dans toutes les techniques de pêche à la mouche. Je préfère cependant les moulinets semi-automatiques (type Vivarelli ou BAM) qui permettent lors du lancer arbalète de reprendre un peu de fil avec la gâchette pour ajuster la longueur de bas de ligne sortie.

La soie

Pour le lancer arbalète, aucune importance puisqu’elle reste dans le moulinet. Pour les autres lancers, DT ou WF, avec un petit avantage pour la DT permettant des posés plus discrets. Question couleur, il faut bien évidemment favoriser la discrétion (évitez les fluos !). Quant au choix synthétique/naturelle, il est certain que la soie naturelle se révèle plus discrète, le revers de la médaille étant comme toujours son entretien.

Le bas de ligne

Nous l’avons déjà vu, il faut favoriser les bas de ligne lents relativement longs.  Pour être polyvalent lancer arbalète/lancer classique, sa longueur devra être égale à deux fois la longueur de la canne plus un mètre (un bas de ligne trop court entraînant, lors du lancer arbalète, la rentrée du bas de ligne dans les anneaux de la canne par le poids de la soie lors du relevé de la canne). Si les conditions ne permettent pas de pêcher en arbalète, il pourra être un peu plus court.  La pointe devra être longue et fine. Un diamètre de 12 centièmes est un maximum, et il arrive souvent, notamment en période estivale, de devoir descendre en 8 centièmes sous peine de nombreux refus. Malgré cela, les casses sont relativement rares compte tenu de la longueur de la pointe qui donne une certaine élasticité à l’ensemble.  Certains pêcheurs utilisent des pointes et avant-pointes en fluorocarbone au motif que ce matériau s’immerge plus rapidement et qu’il est moins visible. Cependant, sa faible résistance est un défaut majeur ce qui oblige par exemple à utiliser une pointe fluoro en 14 centièmes pour avoir une résistance équivalente à un 10 centièmes en monofilament. Par ailleurs, fluoro et monofilament projettent tous deux une ombre sur le lit de la rivière qui sera d’autant plus grosse que le fil est épais. Je suis loin d’être convaincu que l’immersion d’une micro nymphe très peu lestée (voire pas du tout) s’effectuera correctement avec un fluoro de 14 centièmes. Enfin, le prix est assez dissuasif ! Lorsque l’on change souvent de pointe, Pour ma part, mon choix est fait, vous l’aurez compris.  Quant à la conception du bas de ligne, je les préfère à noeuds, ils sauront répondre à tous mes besoins puisque modifiables à tout moment.  A titre d’exemple, voici deux formules de bas de ligne standards :

Bas de ligne dégressif :

c’est un bas de ligne relativement lent mais qui malgré cela se déplie assez facilement. Il sera utilisé sur des eaux un peu rapides, lorsqu’il sera souhaitable de plaquer la nymphe, ou en présence d’un petit vent,

Bas de ligne progressif :

il est beaucoup plus long et lent que le précédent. Il sera utilisé sur des grands calmes ou en période estivale, et s’adapte parfaitement aussi bien au lancer arbalète qu’au lancer classique.

Les nymphes

Surtout ne pas se compliquer la vie, le modèle de nymphe utilisé n’est en général pas déterminant.  Quelques modèles seront néanmoins les bienvenus dans la boîte : la pheasant tail (LA nymphe de base) qui à elle seule sera efficace dans plus de 80% des cas, le gammare (friandise souvent appréciée par une truite opportuniste), l’époxy quill (très bonne capacité d’immersion pour un poids modéré), une imitation de chiro (malheureusement de plus en plus présent dans nos rivières),

La Pheasant Tail

 

 

 

 

Cerques : fibres de faisan
Abdomen : fibres de faisan

Cerclage : fil de cuivre

Thorax : dubbing de lièvre
Sac alaire : fibres de faisan

L’Epoxy quill

 

 

 

 

Cerques : coq pardo
Abdomen : quill de paon
Thorax : fil noir
Le tout recouvert d’époxy

Le Gammare

 

 

 

 

Corps : dubbing antron beige
Dos : bande latex crème

Cerclage : fil crème

La Lie de vin

 

 

 

 

 

Cerques : fibres de faisan
Corps : fil lie de vin

Cerclage : tinsel rond argent

Cependant, si le modèle n’est pas déterminant, la taille et le lestage de la nymphe revêtent un caractère primordial. Aussi, pour chaque modèle, il est important de posséder plusieurs tailles (du 14 au 20 voire 22), et dans chaque taille plusieurs plombages différents pour faire face à la majorité des situations (pas la peine non plus de faire des fers à repasser, on n’est pas à la roulette !).  Au niveau des matériaux de montage utilisés, il faut savoir que, à plombage identique, certains d’entre eux feront plonger la nymphe plus rapidement que d’autres. Par exemple, le dubbing (quel qu’il soit) aura tendance à emprisonner dans ses fibres des micro bulles d’air rendant la nymphe moins « immersible ». A l’inverse, des nymphes faites en fil de montage verni ou recouverte d’époxy s’immergeront beaucoup plus facilement.  Hormis quelques «nymphes de base», vous pourrez laisser libre cours à votre imagination en retenant toutefois un principe important : La nymphe doit en général avoir des couleurs relativement neutres qui se rapprochent de celles des insectes présents dans la rivière. Evitez tout ce qui est un peu trop « pétant », style casque d’or, gros tinsel argent, (même si cela peut réserver parfois une bonne surprise en début de saison) car au fur et à mesure que l’été approche (et que la pression de pêche s’accumule), il arrive fréquemment qu’à la seule vue d’un « truc » brillant à 2 mètres, tous les poissons du secteur s’enfuient fissa. Une exception toutefois pour « l’orange spot » qui parfois peut faire la différence (souvent par agressivité).

Le matériel divers

Pour le reste du matériel, (gilet, casquette, petits accessoires, ), toujours la même règle d’or : discrétion.  Évitez les gilets style « gilets de travaux publics », mais préférez gilets et casquettes dans des tons neutres (olive, sable) se rapprochant le plus possible de la couleur environnementale.   Dans la mesure du possible, évitez les contrastes de couleur trop importants (chemise sable avec gilet vert ou noir). Le poisson est très sensible aux contrastes notamment aux couleurs ou taches claires en mouvance.  Pour les petits accessoires accrochés au gilet, préférez-les noir plutôt qu’argent, ou alors cachez-les dans une poche. Idem pour l’accroche mouche, évitez les modèles blanc (en mousse ou en peau de mouton) qui feraient ressortir une tache blanche (encore une fois, en matière de couleur, le contraste ne pardonne pas). Ustensile indispensable s’il en est : la paire de lunettes polarisantes. Celles-ci vous seront d’une aide précieuse pour voir le poisson. Ne chipotez donc pas sur le modèle lors de l’achat. Il faut savoir qu’il existe différentes couleurs de verres :

– Jaune : qui ont la faculté d’augmenter la lumière, à utiliser donc par temps sombre,

-Gris : à utiliser en cas de forte luminosité.

Enfin, soyez ordonné dans le rangement de votre gilet. « Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose ». Tout mouvement inutile est un mouvement pouvant faire fuir le poisson, évitez donc de fouiller toutes les poches pour trouver la bonne bobine de fil.

CONCLUSION

Plus qu’un pis-aller à la pratique de la sèche, la nymphe à vue est donc une technique à part entière de la pêche à la mouche qui n’est pas si difficile à pratiquer que certains voudraient le laisser croire et qui présente l’avantage de pouvoir se pratiquer tout au long d’une journée, même en période estivale.  Par ailleurs, c’est une pêche passionnante dans laquelle chaque prise est une victoire sur la méfiance du poisson.  A vous d’être plus malin que lui.  Et croyez moi, l’essayer c’est l’adopter. Même sil vous arrive de caler le poisson dès le premier faux lancer après une approche de plus d’une demi-heure.  Enfin, n’oubliez pas que c’est probablement grâce au no-kill  pratiqué par un autre pêcheur que vous piquerez ce superbe poisson tant espéré.

Alors, pourquoi pas vous ?

Club Mouche IMAGO – Saint-Saulve (Laurent – mars 2002)

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